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Compétence territoriale du JAF : quel tribunal saisir selon votre situation

Divorce, garde, pension : découvrez quel tribunal judiciaire est compétent selon l'article 1070 CPC. Critères hiérarchiques, cas pratiques et pièges à éviter.

Laure LaurentLaure Laurent 18 min de lecture
Compétence territoriale JAF : quel tribunal saisir en 2026 ?
Compétence territoriale -Procédure civile S6

La compétence territoriale du JAF se détermine selon la hiérarchie de l'article 1070 du Code de procédure civile : 1) tribunal du lieu de résidence de la famille, 2) à défaut, tribunal du parent qui assume la charge principale des enfants mineurs, 3) à défaut, tribunal du défendeur, 4) en dernier ressort, tribunal du demandeur. L'enfant majeur créancier d'aliments bénéficie d'une option supplémentaire en vertu de l'article 46 CPC.

La compétence territoriale du JAF obéit à une hiérarchie de critères fixée par l'article 1070 du Code de procédure civile : résidence de la famille, puis résidence du parent gardant les enfants, puis résidence du défendeur, enfin résidence du demandeur. Ces quatre rattachements ne sont pas librement interchangeables. Une erreur dans leur application expose à une exception d'incompétence, un renvoi du dossier et des mois de procédure perdus.

En bref

  • Le JAF compétent se détermine par 4 critères hiérarchiques de l'article 1070 CPC, à appliquer dans l'ordre, jamais au choix
  • En présence d'enfants mineurs, le critère 2 (parent assumant la charge principale) prime sur la résidence du défendeur
  • L'enfant majeur créancier d'aliments choisit le tribunal de sa résidence ou celle du parent débiteur (art. 46 CPC)
  • Saisir le mauvais tribunal déclenche une exception d'incompétence : renvoi, délais et frais supplémentaires
  • L'annuaire justice.fr confirme gratuitement le tribunal judiciaire rattaché à la commune retenue

Comparatif en un coup d'œil

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CritèreOrdreCritère applicableQuand l'appliquerExemple concret
Critère n°1 : Résidence de la famille1Lieu de résidence de la familleLes époux ou parents vivent encore sous le même toitCouple avec enfants domicilié à Lyon → JAF de Lyon
Critère n°2 : Parent gardant les enfants2Résidence du parent assumant la charge principale des enfants mineursParents séparés, enfants mineurs vivant principalement chez un parentMère et enfants à Bordeaux, père à Paris → JAF de Bordeaux
Critère n°3 : Résidence du défendeur3Lieu de résidence du défendeurPas de résidence familiale commune, pas d'enfant mineur concernéÉpoux sans enfant, madame à Lille assignée par monsieur → JAF de Lille
Critère n°4 : Résidence du demandeur4Lieu de résidence du demandeurAucun des trois critères précédents n'est applicableDéfendeur à l'étranger, pas d'enfant mineur → JAF du domicile du demandeur

Qu'est-ce que la compétence territoriale du JAF et pourquoi elle conditionne toute la procédure

Avant d'entrer dans le vif de l'article 1070 du Code de procédure civile, un rappel s'impose : la compétence d'un tribunal se décompose en deux volets distincts. La compétence d'attribution désigne la matière : quel type de juge peut connaître du litige. La compétence territoriale, elle, rattache géographiquement l'affaire à un tribunal déterminé.

La confusion entre ces deux notions est fréquente. Pourtant, leurs conséquences ne sont pas les mêmes. Un tribunal incompétent matériellement ne peut pas statuer du tout. Un tribunal incompétent territorialement peut l'être… mais la partie adverse soulèvera l'exception, et le dossier sera renvoyé. Dans les deux cas, c'est du temps perdu.

En droit de la famille, ces règles sont d'autant plus sensibles que les situations évoluent vite : séparation, déménagement, enfants qui grandissent. Le juge aux affaires familiales est le juge naturel de ces contentieux. Encore faut-il savoir lequel, parmi les 164 tribunaux judiciaires français, est géographiquement compétent.

Compétence d'attribution du JAF : ce que dit l'article L. 213-3 du COJ

L'article L. 213-3 du Code de l'organisation judiciaire donne au JAF une compétence d'attribution très large. Il connaît du divorce et de la séparation de corps, de l'autorité parentale, de la résidence des enfants, de la pension alimentaire, de la contribution à l'entretien et à l'éducation, de la prestation compensatoire, et des ordonnances de protection.

Le même juge peut intervenir sous plusieurs visages procéduraux : juge unique au fond, juge de la mise en état (pour les incidents de procédure) ou juge des référés (pour les mesures urgentes). Cette polyvalence explique qu'un même dossier familial passe parfois devant le même magistrat à plusieurs stades.

Ce qui relève du JAF ne relève donc ni du juge des contentieux de la protection, ni du tribunal de commerce, ni du conseil de prud'hommes. C'est le premier filtre : déterminer que l'affaire est bien de nature familiale.

Compétence territoriale : le rôle central de l'article 1070 du Code de procédure civile

Une fois acquise la compétence d'attribution du JAF, reste à identifier le bon tribunal judiciaire sur le territoire. C'est l'article 1070 du CPC qui fixe les rattachements géographiques. Le texte énonce une liste hiérarchique : le premier critère disponible prime sur les suivants. On ne pioche pas celui qui arrange.

Cette hiérarchie poursuit un objectif simple : que le juge saisi soit le plus proche possible de la réalité familiale. Proximité des enfants, du domicile conjugal, des éléments de preuve. La règle est protectrice, mais sa méconnaissance est un piège procédural classique.

En pratique, beaucoup de justiciables saisissent le tribunal de leur propre domicile par réflexe. Si ce tribunal n'est pas le bon selon la hiérarchie de l'article 1070, le défendeur : ou le juge lui-même : peut soulever l'incompétence. Conséquence : renvoi à la juridiction compétente, délais supplémentaires, et parfois des frais d'avocat exposés en pure perte.

Les 4 critères de l'article 1070 CPC : une hiérarchie impérative, pas un menu

L'erreur la plus répandue consiste à traiter les critères de l'article 1070 comme des options. Beaucoup de plaideurs pensent pouvoir choisir librement le tribunal le plus proche de chez eux ou le plus commode. C'est inexact, et cela coûte cher.

L'article 1070 CPC énonce un ordre strict. Le juge vérifie le premier critère : s'il est rempli, il s'applique, point final. Ce n'est que si ce critère est inapplicable (parce que la famille n'a plus de résidence commune, par exemple) qu'on passe au deuxième. Et ainsi de suite jusqu'au quatrième, qui est un critère subsidiaire de dernier rang.

Dans les faits, les deux premiers critères couvrent l'immense majorité des situations. Le troisième et le quatrième servent surtout quand aucun enfant mineur n'est en cause, ou quand la résidence familiale est devenue impossible à déterminer.

Critère 1 : le lieu de résidence de la famille, cas le plus fréquent

C'est le critère de principe : le JAF compétent est celui du lieu où se trouve la résidence de la famille. Tant que les époux vivent sous le même toit, l'identification est immédiate. Une famille domiciliée à Toulouse saisit le tribunal judiciaire de Toulouse.

La « résidence de la famille » s'entend du lieu de vie effectif et habituel, pas nécessairement du domicile légal ou administratif. Le juge peut s'attacher aux faits : où dorment les enfants, où sont scolarisés les mineurs, où se situe le centre des intérêts familiaux.

Ce critère vaut pour toutes les procédures relevant du JAF : divorce, autorité parentale, contribution à l'entretien. Il cesse de fonctionner dès que les époux ou parents se séparent et établissent des résidences distinctes. C'est alors le deuxième critère qui prend le relais.

Critère 2 : résidence du parent assumant la charge principale des enfants

Quand les parents vivent séparément et que des enfants mineurs sont concernés, le JAF compétent est celui du lieu de résidence du parent qui assume l'essentiel de la charge des enfants. La notion de « charge principale » n'est pas définie par la loi ; elle s'apprécie in concreto.

Concrètement, le parent chez qui les enfants résident habituellement est considéré comme assumant la charge principale. Si les enfants vivent chez la mère à Bordeaux, le JAF de Bordeaux sera compétent, même si le père réside à Marseille. La garde alternée égale ne fait pas disparaître le critère : dans ce cas, on regarde quel parent assume la charge matérielle prépondérante (frais de scolarité, suivi médical, etc.).

Ce critère protège le parent qui a la charge quotidienne des enfants en évitant qu'il ait à se déplacer loin. Il est très fréquemment mobilisé dans les contentieux post-séparation.

Critères 3 et 4 : résidence du défendeur, puis résidence du demandeur

Le troisième critère : résidence du défendeur : s'applique quand les deux premiers sont inopérants : pas de résidence familiale commune, pas d'enfant mineur à charge principale identifiable. C'est le cas, par exemple, d'un couple sans enfant en instance de divorce, déjà séparé géographiquement.

Le défendeur est la partie contre laquelle la demande est formée. Si madame assigne monsieur en divorce et que monsieur vit à Lille, le JAF de Lille est compétent.

Le quatrième et dernier critère : résidence du demandeur : n'intervient qu'en l'absence totale des trois précédents. Cas rare, mais possible : le défendeur réside à l'étranger, aucun enfant mineur, aucune résidence familiale commune identifiable. La partie qui engage l'action peut alors saisir le tribunal de son propre domicile. Cette situation demeure l'exception, pas la norme.

Tableau récapitulatif : quel critère s'applique selon votre situation

Le tableau ci-dessous synthétise la hiérarchie des critères. Appliquez-les dans l'ordre : passez au suivant uniquement si le précédent ne peut pas être déterminé.

Une famille qui vit ensemble à Lyon relève du critère

  1. Des parents séparés avec enfants mineurs chez la mère à Bordeaux relèvent du critère
  2. Un couple sans enfant, déjà séparé, monsieur à Lille, madame à Paris : critère 3 (défendeur). Un enfant majeur résidant à Nantes qui réclame une contribution à ses parents bénéficie de l'option de l'article 46 CPC, qui déroge partiellement à cette hiérarchie.

Compétence territoriale JAF selon le type de procédure

La nature de la demande influence l'application des critères. Divorce, autorité parentale, obligation alimentaire : chaque matière active la hiérarchie de l'article 1070 CPC, mais avec des nuances parfois déterminantes. Les règles dérogatoires s'empilent et doivent être appliquées dans l'ordre.

Le point commun : dès qu'un enfant mineur est concerné, le critère 2 (résidence du parent assumant la charge principale) domine en pratique, car le critère 1 (résidence familiale) est presque toujours caduc après la séparation. Le contentieux de l'obligation alimentaire introduit une variable supplémentaire avec l'article 46 CPC pour l'enfant majeur créancier.

Compétence territoriale JAF hors divorce : autorité parentale et garde alternée

Pour les actions relatives à l'autorité parentale ou à la résidence des enfants, le critère 2 s'applique presque mécaniquement. Le tribunal compétent est celui de la résidence du parent chez qui les enfants vivent à titre principal.

En cas de garde alternée parfaitement équilibrée, la jurisprudence recherche le centre des intérêts des enfants : lieu de scolarisation, suivi médical, domicile administratif. Si les enfants sont inscrits à l'école à Rennes et que le père vit à Rennes tandis que la mère habite Nantes, le JAF de Rennes pourra être considéré comme compétent.

Les parents non mariés qui se séparent relèvent exactement des mêmes règles. Aucune particularité procédurale ne les en écarte. La filiation est indifférente au rattachement territorial.

Compétence territoriale JAF et obligation alimentaire : enfants mineurs et majeurs

Pour les enfants mineurs, la contribution à l'entretien et à l'éducation suit le critère 2 : tribunal du parent assumant la charge principale. La demande est accessoire à la résidence de l'enfant, donc le JAF compétent pour statuer sur la résidence l'est aussi pour fixer la pension.

Pour l'enfant majeur créancier d'aliments, la règle change. L'article 46 du Code de procédure civile ouvre une option : le jeune majeur peut saisir soit le tribunal du lieu de résidence du défendeur (le parent débiteur), soit le tribunal de son propre lieu de résidence. Cette option est précieuse : un étudiant de 22 ans résidant à Montpellier peut saisir le JAF de Montpellier, même si ses parents vivent à Strasbourg et Rennes.

L'obligation alimentaire entre ascendants et descendants majeurs (article 371-2 du Code civil) relève aussi du JAF. Les critères de l'article 1070 CPC s'appliquent, mais l'option de l'article 46 CPC est également mobilisable selon la même logique.

Compétence territoriale JAF et ordonnance de protection : règles spécifiques

L'ordonnance de protection obéit aux mêmes règles de compétence territoriale que les autres demandes relevant du JAF. Le texte ne prévoit pas de dérogation spécifique : l'article 1070 CPC s'applique dans sa hiérarchie ordinaire.

La particularité est pratique, pas textuelle. La personne qui sollicite une ordonnance de protection est souvent dans l'urgence. Elle peut avoir quitté le domicile conjugal précipitamment. Dans ce cas, le critère 2 ou le critère 4 (résidence du demandeur) prendra le relais, la résidence familiale commune ayant cessé.

Le JAF statue en référé sur l'ordonnance de protection, dans un délai contraint. L'erreur sur le tribunal compétent est ici particulièrement pénalisante, car le renvoi retarde une décision attendue pour mettre fin à des violences. Vérifier le tribunal compétent avant de déposer la requête est indispensable.

Cas pratiques : identifier le bon JAF dans trois scénarios concrets

L'application des règles de compétence territoriale du JAF devient plus claire une fois confrontée à des situations réelles. Les trois scénarios qui suivent montrent comment la hiérarchie de l'article 1070 CPC et l'option de l'article 46 CPC se combinent. Pour chaque cas, la question est la même : quel tribunal judiciaire saisir ?

Le piège, dans tous les cas, est de suivre son intuition : « je saisis le tribunal de ma ville » : au lieu d'appliquer les critères dans l'ordre. Un rattachement erroné n'est pas une simple maladresse : c'est un motif d'exception d'incompétence.

Scénario A : les époux vivent encore sous le même toit

Situation : un couple marié avec deux enfants mineurs, tous domiciliés à Lyon. L'un des époux veut engager une procédure de divorce.

Critère applicable : premier critère, résidence de la famille. La famille vit ensemble, le rattachement est immédiat.

Tribunal à saisir : tribunal judiciaire de Lyon, JAF.

Piège à éviter : croire qu'on peut saisir le tribunal de son lieu de travail (Paris, si l'époux y travaille en semaine). La résidence de la famille s'apprécie au lieu de vie effectif, pas au lieu d'activité professionnelle. Une assignation délivrée devant le JAF de Paris serait frappée d'incompétence.

Scénario B : parents séparés, enfants mineurs chez un seul parent

Situation : séparation de fait depuis 18 mois. La mère vit à Bordeaux avec les deux enfants (8 et 11 ans), qui y sont scolarisés. Le père habite désormais à Paris. La mère souhaite fixer la résidence des enfants et la contribution alimentaire du père.

Critère applicable : deuxième critère : résidence du parent qui assume la charge principale des enfants. Les enfants vivent chez la mère, à Bordeaux.

Tribunal à saisir : tribunal judiciaire de Bordeaux, JAF.

Piège à éviter : le père pourrait être tenté, s'il introduit l'action en premier, de saisir le JAF de Paris (critère 3, résidence du défendeur). Mais le critère 2 est hiérarchiquement supérieur au critère 3 : il évince donc le critère de la résidence du défendeur. Même si le père agit en demandeur, le JAF de Bordeaux reste compétent, car le critère 2 prime. Saisir Paris serait une erreur.

Scénario C : enfant majeur qui réclame une contribution à l'entretien

Situation : une étudiante de 22 ans réside à Nantes pour ses études. Ses parents, divorcés, vivent respectivement à Rennes et à Strasbourg. Elle souhaite obtenir une contribution à son entretien.

Critère applicable : article 46 du Code de procédure civile. L'enfant majeur créancier d'aliments peut choisir entre le tribunal du lieu de résidence du défendeur (ses parents) et le tribunal de son propre lieu de résidence. L'option est discrétionnaire.

Tribunal à saisir : l'étudiante peut saisir le JAF de Rennes (défendeur parent 1), celui de Strasbourg (défendeur parent 2) ou celui de Nantes (son propre lieu de résidence). En pratique, saisir Nantes évite les déplacements.

Piège à éviter : croire que l'article 1070 CPC s'applique mécaniquement à l'enfant majeur comme à l'enfant mineur. Le critère 2 (parent assumant la charge principale) tombe, puisque l'enfant est majeur. Sans l'article 46 CPC, le critère 3 (défendeur) s'appliquerait, et l'étudiante devrait saisir Rennes ou Strasbourg : une complication inutile que le législateur a précisément voulu éviter.

Comment saisir concrètement le bon tribunal judiciaire : les démarches

Une fois le tribunal compétent identifié, la phase de saisine commence. La méthode varie selon que la procédure est contentieuse (assignation) ou gracieuse (requête conjointe). Et la présence d'un avocat n'est pas toujours obligatoire : mais elle l'est dans les cas les plus lourds.

L'annuaire des tribunaux de justice.fr est l'outil de référence pour confirmer l'adresse et les coordonnées du tribunal judiciaire compétent. À partir de la ville identifiée par les critères de l'article 1070 CPC, le justiciable localise en quelques clics le greffe du JAF.

Utiliser l'annuaire justice.fr pour localiser votre JAF

Le site justice.fr propose un annuaire officiel des juridictions françaises. En renseignant la commune retenue selon les critères de compétence, vous obtenez les coordonnées complètes du tribunal judiciaire : adresse postale, téléphone du greffe JAF, horaires d'accueil.

Cet outil est gratuit et mis à jour par le Ministère de la Justice. Il évite l'erreur classique : confondre tribunal judiciaire et tribunal de proximité (qui n'a pas de JAF). Les tribunaux de proximité ne sont pas compétents en matière familiale.

Une vérification rapide sur l'annuaire permet aussi de confirmer que la commune dépend bien du ressort attendu. Certaines communes limitrophes dépendent parfois d'un tribunal judiciaire qui n'est pas celui de la grande ville la plus proche.

Acte introductif : assignation ou requête selon la procédure

Le mode de saisine dépend du type de procédure. Pour un divorce contentieux ou une action unilatérale relative à l'autorité parentale, la voie est l'assignation par acte d'huissier. Pour un divorce par consentement mutuel judiciaire ou une requête conjointe, c'est une simple requête au greffe.

L'assignation doit être signifiée au défendeur par un commissaire de justice (ex-huissier). Le délai entre la signification et l'audience dépend du rôle du tribunal ; aucun délai légal uniforme n'est garanti. La requête conjointe, plus souple, est déposée par les deux parties ensemble.

Une erreur fréquente : déposer une requête pour une procédure qui exige une assignation. Le greffe la rejettera ou demandera une régularisation, avec le temps perdu que cela implique.

Quand l'avocat est-il obligatoire devant le JAF ?

L'avocat est obligatoire en matière de divorce contentieux. Chaque époux doit être représenté par un conseil distinct. Pour le divorce par consentement mutuel conventionnel (sans juge), chaque époux a également son avocat, mais il n'y a pas de saisine du JAF.

Pour les autres procédures relevant du JAF : autorité parentale, contribution à l'entretien des enfants, ordonnance de protection : l'avocat n'est pas obligatoire. Le justiciable peut saisir seul le tribunal. Cependant, l'assistance d'un avocat reste recommandée : la règle de compétence territoriale est l'un des premiers points qu'il vérifiera, évitant ainsi une exception d'incompétence coûteuse.

La procédure d'aide juridictionnelle est ouverte pour les procédures devant le JAF, y compris l'ordonnance de protection. Les seuils de ressources sont ceux de droit commun.

Compétence du JAF dans les situations internationales ou transfrontalières

Lorsqu'un élément d'extranéité entre en jeu : conjoint étranger, résidence hors de France, enfants scolarisés à l'étranger : les règles de compétence territoriale du JAF s'articulent avec le droit international privé et les règlements européens. Le sujet est technique et dépasse le cadre de l'article 1070 CPC.

Les situations transfrontalières imposent de vérifier d'abord si les juridictions françaises sont compétentes, avant même d'appliquer l'article 1070 pour déterminer quel JAF en France. Cette analyse mobilise le règlement Bruxelles II ter (règlement UE 2019/1111) pour les litiges relatifs au divorce et à l'autorité parentale dans l'espace européen.

Couple franco-étranger résidant en France : quelle juridiction ?

Un couple composé d'un ressortissant français et d'un ressortissant étranger, vivant tous deux en France, relève en principe des juridictions françaises. L'article 1070 CPC s'applique normalement : résidence de la famille en France, donc JAF français compétent.

La nationalité d'un des époux ne modifie pas le rattachement territorial. Ce qui compte est le lieu de vie effectif. Une famille franco-espagnole installée à Perpignan saisit le tribunal judiciaire de Perpignan, sans particularité liée à la binationalité.

Un point de vigilance : si l'époux étranger a conservé des attaches juridiques fortes avec son pays d'origine (domicile fiscal, biens immobiliers), des questions de litispendance ou de conflit de juridictions peuvent surgir. Un avocat spécialisé en droit international de la famille devient alors indispensable.

Résidence habituelle hors France : quand le juge français reste compétent

Un Français résidant à l'étranger peut, dans certains cas, saisir le juge français. C'est notamment possible si le défendeur réside en France (critère 3 de l'article 1070 CPC) ou si l'enfant a sa résidence habituelle en France.

Les règlements européens : en particulier Bruxelles II ter pour les États membres de l'UE : organisent la compétence internationale en matière familiale. Le critère central est la résidence habituelle de l'enfant, pas la nationalité des parents.

Ces situations exigent un avocat rompu au droit international privé de la famille. L'analyse des critères de compétence internationale doit précéder celle de l'article 1070 CPC, et les délais sont souvent plus longs en raison des notifications à l'étranger.

Fiche pratique

Article 1070 du Code de procédure civile4 critères hiérarchiques : résidence de la famille > résidence du parent gardant les enfants > résidence du défendeur > résidence du demandeur
Article L. 213-3 du Code de l'organisation judiciaireCompétence d'attribution du JAF : divorce, autorité parentale, résidence des enfants, pension alimentaire, prestation compensatoire, ordonnance de protection
Article 46 du Code de procédure civileOption pour l'enfant majeur créancier d'aliments : tribunal de sa résidence ou du parent débiteur
Article 371-2 du Code civilObligation alimentaire entre parents et enfants, fondement de la contribution à l'entretien
Juridiction compétenteTribunal judiciaire (JAF) : pas le tribunal de proximité
Outil officieljustice.fr : annuaire des tribunaux judiciaires
Avocat obligatoireDivorce contentieux (oui) ; Autorité parentale, contribution, ordonnance de protection (non, mais recommandé)
Risque en cas d'erreurException d'incompétence → renvoi → mois de procédure perdus + frais d'avocat supplémentaires

Sources

Ces éléments sont d'ordre général et ne sauraient remplacer une consultation juridique. Pour un cas précis, adressez-vous à un avocat ou à un professionnel du droit.

Questions fréquentes

Comment déterminer la compétence territoriale ?

La compétence territoriale du JAF se détermine en appliquant la hiérarchie de critères fixée par l'article 1070 du Code de procédure civile : en premier lieu, le tribunal du lieu de résidence de la famille ; si les époux résident séparément, celui du parent qui assume l'essentiel de la charge des enfants mineurs ; à défaut, la résidence du défendeur, puis celle du demandeur. L'ordre est impératif.

Comment savoir quel tribunal est compétent territorialement ?

Pour identifier le tribunal judiciaire compétent, appliquez les critères de l'article 1070 CPC à votre situation concrète dans l'ordre hiérarchique, puis utilisez l'annuaire officiel sur justice.fr pour localiser le tribunal correspondant à l'adresse retenue. La vérification par un avocat spécialisé avant toute saisine écarte le risque d'une exception d'incompétence.

Quel est le principe de la compétence territoriale ?

Le principe de la compétence territoriale consiste à rattacher géographiquement un litige à une juridiction déterminée, afin qu'un juge proche des parties et des éléments du dossier statue. En droit de la famille, ce rattachement protège le justiciable en évitant des déplacements excessifs, mais saisir un tribunal territorialement incompétent expose à un renvoi qui allonge les délais.

Quelles sont les compétences du juge aux affaires familiales (JAF) ?

Le JAF est compétent, en vertu de l'article L. 213-3 du Code de l'organisation judiciaire, pour le divorce, la séparation de corps, l'autorité parentale, la résidence des enfants, la pension alimentaire, la contribution à l'entretien, la prestation compensatoire et les ordonnances de protection. Il siège comme juge unique au fond, juge de la mise en état ou juge des référés selon les besoins de la procédure.

Quel tribunal saisir pour une garde alternée ou une pension alimentaire ?

Pour une garde alternée, le JAF compétent est celui du lieu de résidence du parent qui assume la charge matérielle prépondérante (critère 2 de l'article 1070 CPC). Pour une pension alimentaire concernant un enfant mineur, ce même critère s'applique. Si l'enfant est majeur, l'article 46 CPC lui permet de saisir le tribunal de sa propre résidence ou celui du parent débiteur.