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Divorce amiable avec enfants : comment organiser la garde, la résidence

Divorce amiable avec enfants : résidence alternée, pension alimentaire, convention parentale. Ce que la loi impose et ce que les parents peuvent librement

Laure LaurentLaure Laurent 20 min de lecture
Divorce amiable avec enfants : garde, pension et convention
Divorce à l'amiable, ou par consentement mutuel avec Alexia.fr

Un divorce par consentement mutuel avec enfants est possible sans audience devant le juge aux affaires familiales, depuis la loi du 18 novembre 2016. Les parents rédigent ensemble une convention parentale fixant la résidence, le droit de visite et la pension alimentaire. Exception notable : si un enfant mineur capable de discernement demande à être entendu par le juge, la procédure bascule vers un divorce judiciaire avec audience.

Oui, divorcer à l'amiable avec des enfants est possible dans la très grande majorité des cas. Depuis la réforme du 18 novembre 2016, le divorce par consentement mutuel : qui représente 54 % des procédures en France (village-justice.com, 2017) : se conclut sans audience devant le juge aux affaires familiales (JAF). Les parents rédigent ensemble une convention de divorce et une convention parentale, sous le contrôle de leurs avocats respectifs. Une seule variable peut tout changer : le droit de l'enfant à être entendu par le juge.

Divorce par consentement mutuel avec enfants : ce que la loi permet (et ce qu'elle impose)

Un couple marié avec enfants peut divorcer par consentement mutuel sans passer devant un juge. C'est la voie choisie par 54 % des procédures de divorce en France (village-justice.com, 2017). La loi du 18 novembre 2016 a profondément simplifié ce parcours : l'audience obligatoire devant le JAF a été supprimée pour les époux qui s'entendent sur l'ensemble des conséquences de la rupture.

Deux documents structurent ce divorce : la convention de divorce, qui règle la séparation patrimoniale entre les époux, et la convention parentale, qui organise la vie des enfants après la séparation. Ces conventions sont rédigées par les avocats de chaque partie, puis déposées chez un notaire qui les enregistre.

Pour approfondir les aspects procéduraux généraux, notre guide complet du divorce à l'amiable détaille l'ensemble des étapes et conditions.

📌 Important : le divorce par consentement mutuel sans juge est réservé aux couples mariés. Les couples non mariés (pacsés ou en union libre) organisent la garde des enfants par une convention parentale distincte, éventuellement soumise au JAF en cas de désaccord.

Le divorce sans juge : principe et exception liée à l'enfant

Depuis le 1ᵉʳ janvier 2017, le divorce par consentement mutuel se conclut par une convention privée contresignée par les avocats, sans audience. Le JAF n'intervient plus pour homologuer l'accord des époux. Cette déjudiciarisation a réduit les délais et allégé la charge émotionnelle de la procédure.

Mais une exception majeure subsiste, directement liée à l'enfant. L'article 388-1 du Code civil permet à tout mineur capable de discernement de demander à être entendu par le juge dans toute procédure le concernant. Si un enfant formule cette demande alors que ses parents ont choisi la voie du divorce sans juge, la procédure bascule : le JAF reprend la main et une audience devient obligatoire. Le divorce peut alors être requalifié en divorce judiciaire.

Concrètement, les parents doivent informer leurs enfants de ce droit avant de signer la convention. Cette obligation, peu connue du grand public, constitue un point de bascule procédural que nous détaillons dans la section suivante.

L'autorité parentale conjointe reste la règle par défaut

Quel que soit le type de divorce choisi, l'autorité parentale conjointe demeure le principe posé par l'article 373-2 du Code civil. Les deux parents continuent d'exercer ensemble les décisions importantes concernant l'enfant : scolarité, santé, orientation religieuse, activités extrascolaires.

La séparation ne modifie pas ce cadre. Ce qui change, c'est l'organisation pratique du quotidien : où l'enfant réside, selon quel calendrier, et comment les frais sont répartis. La convention parentale doit prévoir ces modalités tout en réaffirmant que les décisions majeures restent prises en commun.

Dans les faits, les parents rédigent une clause rappelant l'exercice conjoint de l'autorité parentale et précisent les actes usuels que le parent chez qui l'enfant réside peut accomplir seul (soins courants, inscriptions périscolaires). Tout ce qui sort de l'usuel nécessite l'accord des deux.

Le droit de l'enfant à être entendu : une variable qui change toute la procédure

Le droit de l'enfant à être entendu est le facteur qui peut faire basculer un divorce amiable en procédure judiciaire. C'est un point souvent absent des guides concurrents, alors qu'il constitue une variable procédurale décisive. L'article 388-1 du Code civil dispose que dans toute procédure le concernant, le mineur capable de discernement peut être entendu par le juge. Cette audition peut être demandée par l'enfant lui-même, par ses parents, ou ordonnée d'office par le juge.

Dans le cadre d'un divorce par consentement mutuel sans juge, la demande d'audition émanant de l'enfant produit un effet radical : elle rend la procédure déjudiciarisée inapplicable. Selon une analyse publiée par Julien Gueguen (village-justice.com, 2020), « si l'enfant ne souhaite pas être entendu, le divorce prendra la forme classique conventionnelle ; en revanche, s'il souhaite être entendu, il faudra recourir au divorce judiciaire classique ». Le JAF retrouve alors sa compétence pour vérifier que l'accord parental respecte l'intérêt de l'enfant.

⚠️ Attention : le mineur capable de discernement n'a pas besoin de l'accord de ses parents pour demander à être entendu. Cette demande peut être formulée par simple courrier adressé au juge.

Comment informer l'enfant de son droit à être entendu

Les parents ont l'obligation d'informer leurs enfants mineurs de leur droit à être entendus par le juge. Cette information doit être délivrée préalablement à la signature de la convention de divorce. Elle figure dans un formulaire officiel annexé à la convention.

En pratique, les avocats remettent aux parents un document intitulé « Information de l'enfant mineur sur son droit à être entendu ». Les parents attestent ensuite dans la convention avoir informé chaque enfant capable de discernement. L'âge du discernement n'est pas fixé par la loi ; la jurisprudence le situe généralement autour de 7 à 8 ans, mais chaque enfant est évalué au cas par cas.

Le formulaire précise les modalités concrètes : l'enfant peut écrire directement au juge, être assisté d'un avocat, et son audition reste confidentielle. Le parent qui entraverait ce droit s'exposerait à une remise en cause de la convention.

Quand le JAF entre en scène malgré un accord parental

Si l'enfant demande son audition, les parents ne peuvent plus divorcer par consentement mutuel sans juge. Deux issues sont possibles. Premièrement, le couple peut se tourner vers un divorce sur demande acceptée (articles 233 et 234 du Code civil) : les époux s'entendent sur le principe du divorce mais soumettent la convention au JAF qui l'homologue après avoir entendu l'enfant.

Deuxièmement, si le désaccord porte sur les modalités de la convention parentale, le divorce devient contentieux et le JAF tranchera la résidence, le droit de visite et la pension.

Cette bascule a un coût et un délai supplémentaires. Au lieu de quelques semaines, la procédure peut s'étendre sur plusieurs mois. Notre article sur le budget à prévoir pour un divorce amiable détaille les écarts de coût selon la voie procédurale empruntée.

Résidence alternée, résidence principale et droit de visite : quelles options pour les parents ?

Dans un divorce amiable, les parents choisissent librement l'organisation de la résidence de leurs enfants. Trois modalités principales existent, sans hiérarchie légale entre elles. Le critère directeur est unique : l'intérêt de l'enfant, apprécié concrètement selon son âge, sa scolarité, ses liens affectifs avec chaque parent et la distance géographique entre les domiciles.

Le service-public.fr rappelle que la résidence peut être fixée « en alternance au domicile de chacun des parents ou au domicile de l'un d'eux » (service-public.fr, 2025). Dans un divorce par consentement mutuel, cette décision est actée dans la convention parentale sans intervention du juge, sauf si l'enfant demande à être entendu.

Pour les couples non mariés qui se séparent, le même principe de liberté contractuelle s'applique : une convention parentale peut être rédigée et, en cas de conflit, le JAF du tribunal judiciaire du lieu de résidence des enfants est compétent pour trancher.

La résidence alternée : conditions et fonctionnement

La résidence alternée consiste à partager le temps de l'enfant de manière égale ou quasi égale entre les deux domiciles parentaux. Le rythme le plus courant est une semaine sur deux, avec permutation le vendredi soir après l'école. D'autres organisations existent : alternance par quinzaine, partage 2-2-3 pour les plus jeunes, ou alternance mensuelle quand la distance l'impose.

Cette modalité suppose une coopération étroite entre les parents et une proximité géographique compatible avec la scolarité de l'enfant. La convention parentale doit préciser le jour et l'heure du changement de résidence, la répartition des trajets et des frais de transport, ainsi que l'organisation des vacances scolaires.

Sur le plan fiscal, chaque parent bénéficie de la majoration de parts pour enfant à charge si la résidence est véritablement alternée (soit 182 jours par an chez chaque parent selon les standards retenus par l'administration fiscale). La convention doit être cohérente : une alternance déclarée fiscalement mais non pratiquée dans les faits expose à un redressement.

Enfants de moins de 3 ans et garde : précautions particulières

Pour les enfants de moins de 3 ans, la jurisprudence et la pratique s'écartent souvent du modèle alterné strict. Le très jeune âge de l'enfant est un facteur que les avocats intègrent dans la négociation : l'alternance semaine/semaine est généralement déconseillée avant 2 à 3 ans en raison des besoins de stabilité et d'attachement du nourrisson.

Une résidence principale chez un parent avec un droit de visite élargi pour l'autre constitue la solution la plus fréquemment retenue. Le parent non hébergeant peut se voir accorder un droit d'hébergement progressif : quelques heures en journée, puis une nuit par semaine, puis un week-end complet à mesure que l'enfant grandit.

La convention peut prévoir une clause évolutive qui adapte automatiquement le calendrier lorsque l'enfant atteint un certain âge (3 ans, l'entrée en maternelle). Cette souplesse évite de devoir modifier la convention par avenant.

Droit de visite et d'hébergement classique

Le droit de visite et d'hébergement classique (DVH) s'applique lorsque l'enfant réside principalement chez un parent. Le parent non hébergeant exerce son droit de visite selon un calendrier défini dans la convention parentale. Le standard le plus répandu est le principe dit « un week-end sur deux et la moitié des vacances scolaires », soit environ 91 jours par an chez le parent non hébergeant.

La convention doit détailler : les week-ends (du vendredi soir au dimanche soir, avec heures précises), les vacances scolaires (répartition par moitié avec alternance de la première moitié, ou découpage par périodes), les jours fériés et les ponts. Elle prévoit aussi les modalités de prise en charge des trajets.

Une variante plus réduite existe : le droit de visite sans hébergement, ou avec hébergement limité (environ 30 jours par an). Cette modalité concerne les situations où le parent non hébergeant ne dispose pas d'un logement adapté, ou lorsque la distance géographique rend l'hébergement difficile.

Pension alimentaire dans le divorce amiable : comment la fixer et l'actualiser

La pension alimentaire est une contribution financière versée par un parent à l'autre pour couvrir les frais liés à l'entretien et à l'éducation de l'enfant. Dans un divorce amiable, son montant est librement négocié entre les époux et inscrit dans la convention parentale. Aucun barème légal ne s'impose : les parents déterminent eux-mêmes la somme, sous le contrôle de leurs avocats qui veillent à la cohérence avec l'intérêt de l'enfant.

Le ministère de la Justice met à disposition un simulateur officiel sur justice.fr, fondé sur une table de référence indicative. Ce barème ne lie pas les parties, mais il constitue un point de repère utile pour la négociation.

Notre article sur le coût moyen d'un divorce amiable aborde l'impact financier global de la procédure, au-delà de la seule pension alimentaire.

Les critères légaux pour calculer la pension

Plusieurs critères doivent être pris en compte pour fixer le montant de la pension alimentaire, selon la pratique constante et le droit positif. Les revenus des deux parents (salaires, revenus fonciers, prestations sociales) constituent la base de calcul. Le temps de résidence de l'enfant chez chaque parent modifie ensuite ce calcul : plus l'enfant passe de temps chez le parent débiteur, moins la contribution est élevée.

Les charges spécifiques de l'enfant entrent aussi en ligne de compte : frais de scolarité privée, activités extrascolaires, besoins médicaux particuliers, transport entre les deux domiciles. Les charges propres de chaque parent (logement, crédits, autres enfants à charge) sont également considérées.

La convention parentale doit distinguer la pension alimentaire mensuelle des « frais extraordinaires » (orthodontie, colonies de vacances, équipement sportif onéreux), qui sont répartis entre les parents selon une clé de répartition (50/50, ou proportionnelle aux revenus).

Cas pratique : construire une convention parentale type

Prenons un cas concret. Parent A perçoit un revenu mensuel net de 2 800 € ; parent B gagne 2 200 €. Un enfant de 8 ans, scolarisé en école publique. La résidence principale est fixée chez le parent A, avec un droit de visite classique pour le parent B (un week-end sur deux et moitié des vacances, soit environ 91 jours par an).

La convention parentale type pour ce profil prévoira : une pension alimentaire mensuelle versée par le parent B au parent A, un partage des frais extraordinaires à 50/50, l'indexation automatique de la pension sur l'indice des prix à la consommation, et un calendrier de DVH précis.

Le montant exact de la pension dépend de multiples variables propres à chaque famille. Le simulateur officiel du ministère de la Justice permet d'obtenir une estimation personnalisée à partir des revenus, du nombre d'enfants et du temps de résidence. Ce barème indicatif sert de référence pendant la négociation sans s'imposer juridiquement.

💡 À noter : les parents peuvent convenir d'une pension majorée par rapport au barème indicatif si les besoins de l'enfant le justifient. L'inverse est possible si le parent débiteur assume déjà des frais importants directement (vêtements, activités).

Révision de la pension : quand et comment ?

La pension alimentaire prévue dans la convention parentale est automatiquement indexée sur l'indice des prix à la consommation (IPC) publié par l'INSEE, sauf clause contraire. Chaque année, à la date anniversaire de la convention, le montant est révisé selon la formule légale : nouveau montant = montant initial × (IPC actuel / IPC de référence).

Au-delà de cette indexation automatique, la pension peut être révisée à tout moment en cas de changement significatif dans la situation de l'un des parents ou de l'enfant. Une perte d'emploi, une naissance dans une nouvelle union, un changement de résidence de l'enfant ou son entrée dans l'enseignement supérieur justifient une renégociation amiable. Si les parents ne parviennent pas à un accord, le JAF peut être saisi pour fixer un nouveau montant.

La convention parentale peut prévoir une clause de révision périodique (tous les 3 ans par exemple) ou une clause de rendez-vous à des étapes clés (entrée au collège, majorité de l'enfant). Cette anticipation limite les conflits futurs.

La convention parentale amiable : contenu obligatoire et points de vigilance

La convention parentale est le document qui fixe l'ensemble des règles relatives aux enfants après le divorce. Dans un divorce par consentement mutuel, elle est annexée à la convention de divorce. Elle doit être rédigée avec une précision suffisante pour éviter toute ambiguïté source de conflit ultérieur.

La loi n'impose pas un contenu exhaustif, mais la pratique et la doctrine identifient des mentions indispensables. Un document incomplet ou trop vague expose les parents à deux risques concrets : le refus d'enregistrement par le notaire, qui doit vérifier la préservation de l'intérêt de l'enfant, ou un litige futur devant le JAF si une situation non prévue survient.

Julien Gueguen (village-justice.com, 2018) rappelle qu'« une convention de divorce peut ne pas être homologuée si elle heurte l'intérêt de l'enfant. Tel est le cas, par exemple, s'il n'est pas prévu de droit de visite au bénéfice de l'autre parent. » La vigilance rédactionnelle est donc une exigence concrète.

Mentions obligatoires à ne pas oublier

Toute convention parentale doit contenir au minimum les éléments suivants pour être complète et opposable :

  • Rappel de l'autorité parentale conjointe : affirmation du principe et définition des actes usuels que chaque parent peut accomplir seul.
  • Résidence habituelle de l'enfant : modalité choisie (alternée, principale chez un parent) avec adresse précise.
  • Calendrier d'hébergement : pour la résidence alternée (rythme hebdomadaire, permutation), ou pour le droit de visite (week-ends, vacances scolaires avec découpage).
  • Pension alimentaire : montant mensuel, date de versement, indexation, répartition des frais extraordinaires.
  • Décisions importantes : mécanisme de concertation pour scolarité, santé, orientation religieuse, autorisation de sortie du territoire.
  • Communication entre parents : outils (application de coparentalité, messagerie), fréquence des échanges.
  • Clause de médiation : engagement de recourir à un médiateur familial avant toute saisine du JAF en cas de conflit.

Erreur courante : la convention trop floue (et ses conséquences)

L'erreur la plus fréquente dans les divorces amiables avec enfants consiste à rédiger une convention parentale trop vague, par souci de rapidité ou par consensus de façade. Une clause stipulant « droit de visite selon accord des parties » sans calendrier précis, ou « pension alimentaire à définir ultérieurement », vide la convention de sa substance.

La conséquence est immédiate : le notaire peut refuser de déposer la convention au rang de ses minutes, bloquant ainsi la finalisation du divorce. Si le notaire l'enregistre malgré tout, le flou se paiera plus tard : un conflit surgit, le JAF est saisi, et un nouveau contentieux s'ouvre avec des frais d'avocat supplémentaires.

Autre piège : omettre de traiter les frais extraordinaires et les modalités de partage. Sans clause explicite, tout achat important (appareil dentaire, séjour linguistique) devient une source de tension. Une convention bien rédigée prévoit ces dépenses, leur plafond, et la procédure d'accord préalable.

Rôle du notaire dans l'enregistrement de la convention

Le notaire intervient en fin de procédure pour recevoir le dépôt de la convention de divorce. Dans un divorce par consentement mutuel sans juge, il ne contrôle pas l'opportunité des clauses : ce rôle appartenait au JAF avant la réforme. Son office se limite à vérifier la forme et à s'assurer que les mentions obligatoires (état civil, liquidation du régime matrimonial le cas échéant) figurent bien dans l'acte.

Pour autant, le notaire peut alerter les parties si la convention parentale présente des lacunes manifestes. Il conserve aussi l'original de la convention (la « minute ») et délivre aux époux des copies exécutoires. Ces copies valent titre pour recouvrer la pension alimentaire impayée : l'huissier peut directement engager une procédure de saisie.

Notre article sur le prix du divorce amiable chez le notaire détaille les émoluments et les frais associés à cette étape.

Rôle des avocats et déroulement pratique de la procédure amiable avec enfants

Dans un divorce par consentement mutuel sans juge, chaque époux doit obligatoirement être assisté par son propre avocat. Cette règle, posée par l'article 229-1 du Code civil, vise à garantir que chaque partie bénéficie d'un conseil indépendant et que la convention ne soit pas déséquilibrée au détriment de l'une d'elles. Un seul avocat pour les deux époux n'est pas admis.

Les avocats rédigent la convention de divorce et la convention parentale. Leur rôle ne se limite pas à la mise en forme juridique : ils vérifient que les clauses respectent l'intérêt de l'enfant, alertent sur les déséquilibres éventuels et anticipent les sources de conflit futur.

Pour une vue d'ensemble de la procédure, notre article sur la procédure, coût et durée du divorce amiable décrit le parcours complet.

Les étapes de la procédure pas à pas

La procédure de divorce amiable avec enfants se déroule en plusieurs étapes :

  1. Consultation initiale : chaque époux expose sa situation à son avocat, qui explique les options et les conséquences.
  2. Négociation : les avocats échangent pour aboutir à un projet commun de conventions, intégrant la résidence des enfants, le droit de visite et la pension.
  3. Information des enfants : remise du formulaire relatif au droit d'audition. Les parents attestent avoir informé chaque enfant capable de discernement.
  4. Rédaction définitive des conventions : mise en forme juridique de l'accord, intégrant toutes les mentions obligatoires.
  5. Délai de réflexion de 15 jours : période obligatoire pendant laquelle chaque époux peut se rétracter. La convention est envoyée par lettre recommandée ou remise en main propre contre émargement.
  6. Signature : au terme du délai, les époux signent la convention en présence de leurs avocats.
  7. Dépôt chez le notaire : dans les 7 jours suivant la signature, l'un des avocats transmet la convention au notaire choisi par les parties, qui l'enregistre.

Délai de réflexion de 15 jours : une protection pour les deux parties

Le délai de réflexion de 15 jours, prévu par l'article 229-4 du Code civil, constitue une protection pour les deux parties. Pendant cette période, chaque époux peut renoncer au divorce sans avoir à se justifier. La convention signée trop rapidement, sans ce délai, serait nulle.

Ce délai commence à courir à compter de la réception de la convention par chaque époux. La preuve de la date de réception est essentielle : l'envoi en lettre recommandée avec accusé de réception est la méthode la plus sûre. La remise en main propre contre émargement est également valable.

En pratique, ce délai de 15 jours s'ajoute au temps de négociation et de rédaction. Une procédure de divorce amiable bien préparée peut être finalisée en 1 à 3 mois, comme le détaille notre article sur la procédure de divorce amiable la plus rapide.

Points clés

  • Le divorce par consentement mutuel avec enfants est possible sans juge, sauf si un enfant capable de discernement demande à être entendu (art. 388-1 du Code civil).
  • Les parents rédigent librement la convention parentale : résidence, droit de visite, pension alimentaire : sous réserve du respect de l'intérêt de l'enfant.
  • La résidence alternée n'est pas un dû ; elle suppose une coopération parentale effective et une proximité géographique compatible avec la scolarité.
  • Une convention parentale trop vague expose au refus du notaire ou à un contentieux ultérieur devant le JAF.
  • Chaque époux doit avoir son propre avocat ; un délai de réflexion de 15 jours protège les deux parties avant la signature définitive.

Sources

Fiche pratique

Articles de loiArt. 229-1 et 229-4 du Code civil (divorce par consentement mutuel sans juge et délai de réflexion) ; Art. 373-2 (autorité parentale conjointe) ; Art. 373-2-9 (résidence de l'enfant) ; Art. 371-4 (droit de visite et d'hébergement) ; Art. 388-1 (audition de l'enfant par le juge)
Délais légaux clés15 jours de délai de réflexion avant signature de la convention ; 7 jours pour le dépôt chez le notaire après signature ; 1 à 3 mois pour la durée totale de la procédure amiable bien préparée
Juridiction compétenteJuge aux affaires familiales (JAF) du tribunal judiciaire du lieu de résidence de la famille, si l'enfant demande à être entendu ou en cas de contentieux
Documents obligatoiresConvention de divorce + convention parentale (mentionnant autorité parentale, résidence, calendrier d'hébergement, pension alimentaire, frais extraordinaires) ; Formulaire d'information de l'enfant sur son droit à être entendu
Outils officielsSimulateur de pension alimentaire : justice.fr/simulateurs/pension-alimentaire ; Résidence de l'enfant : service-public.fr ; Notaires de France : notaires.fr
AvertissementLe barème indicatif de pension alimentaire n'a pas de valeur contraignante. Les parents peuvent s'en écarter d'un commun accord. Chaque situation familiale étant unique, un avocat doit être consulté.

Ces éléments sont d'ordre général et ne sauraient remplacer une consultation juridique. Pour un cas précis, adressez-vous à un avocat ou à un professionnel du droit.

Questions fréquentes

Est-il possible de divorcer par consentement mutuel avec des enfants ?

Oui, le divorce par consentement mutuel avec enfants est pleinement possible. Depuis la loi du 18 novembre 2016, les époux qui s'entendent sur toutes les conséquences de la rupture : y compris la garde des enfants et la pension alimentaire : divorcent sans audience devant le juge aux affaires familiales. La seule exception concerne l'enfant mineur capable de discernement qui demande à être entendu par le juge (art. 388-1 du Code civil) : dans ce cas, la procédure bascule vers un divorce judiciaire avec audience.

Comment se passe un divorce avec des enfants ?

La procédure débute par la consultation de deux avocats distincts qui négocient puis rédigent une convention de divorce et une convention parentale. Les parents informent leurs enfants de leur droit à être entendus par le juge. Un délai de réflexion de 15 jours court avant la signature. La convention est ensuite déposée chez un notaire qui l'enregistre. La durée totale est généralement de 1 à 3 mois.

Quelles sont les conséquences d'un divorce à l'amiable ?

Le divorce amiable par consentement mutuel produit trois conséquences principales : la dissolution du mariage, le partage des biens selon la convention, et l'organisation de la vie des enfants via la convention parentale. L'autorité parentale reste conjointe. La résidence des enfants, le droit de visite et la pension alimentaire sont librement fixés par les parents, sous le contrôle de leurs avocats.

Quelle est la première chose à faire quand on veut divorcer ?

La première démarche concrète est de consulter un avocat spécialisé en droit de la famille. Chaque époux doit avoir le sien. L'avocat analyse la situation, explique les options (divorce amiable ou contentieux) et engage la négociation avec le confrère de l'autre partie. Les époux ne doivent pas signer de convention sans avoir chacun été conseillé indépendamment.